Mesurer le climat, partout et par tous les temps
Des Alpes aux milieux tropicaux, Hélène Barral, ingénieure d’études IRD à l’institut des géosciences de l’environnement (IGE-OSUG, CNRS/INRAE/IRD/UGA - Grenoble INP-UGA), développe, installe, calibre et maintient des instruments dédiés au suivi du changement climatique.
Une prairie alpine sous surveillance
Ingénieure en techniques expérimentales à l’Institut des géosciences de l’environnement, à Grenoble, mon travail consiste à soutenir les dispositifs d’observation scientifique sur des terrains parfois difficiles : glaciers, haute montagne, milieux agricoles, urbains, tempérés ou tropicaux. Au Lautaret, la station FluxAlp suit depuis plus de dix ans les effets des variations de température, de l’enneigement ou encore des pratiques pastorales sur les prairies alpines.
Née d’une collaboration entre écologues, hydrologues et chimistes de l’atmosphère, cette station a d’abord été conçue pour comprendre les flux de carbone. Mais pour y parvenir, il fallait aussi mesurer les flux d’eau. Peu à peu, toute une chaîne d’observations s’est ainsi mise en place. Aujourd’hui, FluxAlp s’intègre à plusieurs réseaux scientifiques européens chargés de surveiller les grands équilibres environnementaux sur le long terme.
Observer les effets du changement climatique
Au fil des années, nous voyons les conditions évoluer. Les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents, l’enneigement change, la neige fond plus tôt. Ces modifications influencent directement la végétation alpine et sa capacité à stocker du carbone. Or les montagnes jouent un rôle important dans les équilibres hydrologiques et climatiques.
Sur le terrain, mon travail ne se limite pas à installer des instruments. Il faut aussi garantir la qualité des données malgré le froid ou le chaud, le vent, les orages ou l’isolement des sites. Une station comme celle-ci doit fonctionner en continu et sur le long terme pour permettre aux scientifiques d’identifier de véritables tendances climatiques.
Mais le Lautaret n’est qu’un des terrains où j’interviens. Mon travail consiste plus largement à installer, calibrer, maintenir et faire évoluer des instruments capables de suivre le fonctionnement de milieux très différents, des montagnes enneigées aux zones tropicales. Au fil des missions, je participe au déploiement de stations d’observation, au développement d’outils de mesure et à l’amélioration des protocoles utilisés par de grands réseaux scientifiques internationaux. Qu’il s’agisse de suivre les échanges d’eau et de carbone dans une prairie de montagne, les dynamiques hydrologiques sahéliennes ou les effets du réchauffement sur des environnements isolés, ces dispositifs produisent des données essentielles pour les grands programmes de recherche consacrés au changement climatique. »
Contact scientifique local
– Hélène Barral, ingénieure d’études IRD à l’IGE
Cet article a été rédigé par Olivier Blot pour IRD le Mag’.
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