Évaluer l’impact environnemental des expéditions polaires : l’héritage de MOSAiC

Exemple d’un panache d’échappement étroit provenant du R/V Polarstern dans des conditions atmosphériques stables. Cette image capture un cas particulier où des conditions météorologiques calmes et stables ont permis aux gaz d’échappement du navire de se disperser en un panache étroit sous le vent. Ce comportement est caractéristique d’un mélange vertical limité et d’une faible turbulence atmosphérique. Cependant, il ne s’agit là que d’un exemple parmi d’autres, la dispersion du panache pouvant varier considérablement en fonction des conditions météorologiques. En cas de vents plus forts, de mélange convectif ou d’augmentation de la rugosité de la surface, le panache peut se disperser davantage et atteindre la surface beaucoup plus près du navire. Les vents latéraux peuvent également rediriger le panache vers la surface près du navire, ce qui peut influencer les mesures locales de la qualité de l’air. Photo : Ivo Beck.

Il y a cinq ans, l’expédition MOSAiC a embarqué près de 500 scientifiques au cœur de l’Arctique central pour observer, pendant une année entière, les processus climatiques liés à la banquise.

Cette opération sans précédent, par son ambition scientifique et son ampleur internationale, a marqué durablement la communauté des sciences polaires. À ce jour, les évaluations d’impact environnemental ne sont toujours pas obligatoires pour les missions scientifiques en régions polaires, et notamment en Arctique. Conscients de cette lacune, sept jeunes chercheuses présentes à bord ont pris l’initiative de développer une méthodologie dédiée et d’encourager une documentation transparente des impacts : émissions de CO₂, matériaux laissés sur place, interactions avec la faune, etc. Leur objectif : réduire l’empreinte environnementale des futures expéditions scientifiques, tout en ouvrant la voie à de nouvelles normes de responsabilité.

Cette démarche pionnière pourrait ainsi servir de référence pour la planification des campagnes en régions polaires, et favoriser des discussions ouvertes sur la réduction des impacts dans ces environnements particulièrement sensibles et isolés.

Lien vers l’article : https://online.ucpress.edu/elementa/article/13/1/00035/214167/Environmental-impact-assessments-of-scientific

Contact scientifique : Hélène Angot