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OSUG - Terre Univers Environnement

Michel Sardou - La pluie de Jules César

Cycle hydrologique et physique moléculaire

31 mai 2018, par Philippe Belleudy

La pluie de Jules César

Il est mort aujourd’hui.
Y a pas de quoi s’en faire.
Il est comme la pluie :
Il retourne à la terre.
Il va nourrir le blé
Dont tu feras le pain.
Il n’y a pas,
Il n’y a pas
De fin.

La pluie de Jules César
Est la même que celle
Qui m’a mouillé, ce soir,
Dans la rue de Courcelles.
C’est un aller-retour,
Un instant d’infini.
Rien n’est jamais,
Rien n’est jamais
Fini.

On meurt toujours
Pour quelque chose,
Pour un amour,
Pour une rose,
Mais mourir
Pour mourir,
C’est pas mal
De se dire
Qu’on a quand même un avenir.

Il est mort aujourd’hui.
Y a pas de quoi s’en faire.
Il est comme la pluie :
Il retourne à la terre
Il remonte à l’envers
L’infinité du temps.
On se reverra,
On se reverra
Mais quand ?

Michel Sardou, 1980


Les lecteurs les plus résistants pourront aussi regarder la vidéo :

Cumulonimbus au dessus du Vercors
Bientôt la pluie va tomber sur Grenoble

Hydrologie

Il s’agit bien entendu ici d’une évocation du cycle hydrologique.
Ce mécanisme (évaporation, pluie, ruissellement) a été déduit pour la première fois en 1674 par Pierre Perrault (le frère de Charles) qui a comparé la pluie sur un bassin versant d’une rivière au débit de celle-ci. Auparavant, on imaginait que l’eau remontait à la source par des fissures du sous-sol.
C’est donc la même eau qui tourne indéfiniment dans le cycle hydrologique.

Michel n’a pas reçu la même pluie que Jules ; mais il est facile de montrer qu’il y a beaucoup de molécules d’eau dans chacune des pluies qui tomberont aujourd’hui (sur Michel, mais aussi sur chacun d’entre nous, il n’y a pas d’élu !) qui ont arrosé aussi autrefois la calvitie de Jules.

Il y a au bout de ce lien une démonstration assez claire (on parle ici du dernier verre bu par Jules).

On peut aller un peu plus loin dans les justifications hydrologiques. Dans cette vidéo, on ne considère que le réservoir (mers et océans) dont le volume est estimé rapidement dans la vidéo à 1021 litres (plus exactement, il y en aurait 1,35.1021 litres. Il y a aussi de l’eau dans d’autres réservoirs, mais en proportion bien moindre.

Où est l’eau sur terre ?
(L’eau, Ghislain de Marsily, Dominos Flammarion, 1995)

Notre ami admet aussi un mélange homogène dans l’océan du dernier verre bu par Jules depuis 2000 ans, ce n’est pas exact si on considère le temps moyen de résidence des molécules d’eau dans les différents réservoirs ; la durée du cycle (de la mer à la mer) peut être de quelques heures pour les pluies cévenoles, jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années pour une précipitation sur le continent Antarctique.
Enfin, du point de vue de la physique moléculaire, la démonstration ne tient pas compte du fait que les molécules d’eau peuvent se "démonter" libérant des atomes d’hydrogène et d’oxygène. Et la démonstration serait parfaite (mais avec d’autres chiffres) si on la faisait avec les atomes, mais on peut estimer que le nombre de molécules d’eau concernées par une désagrégation est négligeable.

Donc la conclusion de la vidéo : il y a deux à trois mille molécules dans mon verre qui proviennent du dernier verre bu par Jules (et de sa dernière miction, bêêh !) est un peu optimiste, mais il y en a quand même beaucoup !

Tout ça provient du très grand nombre de molécules dans un verre d’eau. Voir aussi cette démonstration, cette fois-ci à propos du dernier souffle de Jules, quand il a prononcé son célèbre "Tu quoque mi fili !"

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d’autres textes philosophiques seront bientôt expliqués, par Héraclite et dans l’Écclésiaste.