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OSUG - Terre Univers Environnement

Jacques Prévert - Au feu et à l’eau ! -

Comment se protéger des crues ?

21 novembre 2018 ( maj : 24 novembre 2018 ), par Philippe Belleudy

Au feu et à l’eau !

Ils ont crié
A l’eau comme
Au feu ou
Au fou

L’eau gagnant du terrain sous son oreiller d’herbes le cachait dans son lit tout comme un chien un os le planque dans son trou
Ils ont crié
A l’eau comme
Au voleur on crie

C’est alors qu’arrivèrent
les
Grands
Bouilleurs de
Crue

Descendant de voiture ils incendièrent la ville
et l’eau à toute vapeur disparut dans le ciel
Et la voiture s’en fut avec comme à une bouée
un noyé accroché à sa roue de secours
et dans sa malle arrière un coffre plein d’argent
tout l’argent de la ville
sans aucun survivant.

Jacques Prévert, Ouvrage ? / éditeur ?, année ?

Réparation de la digue du Petit-Rhône à Fourques
La crue de décembre 2003 a provoqué plusieurs brèches. Celle-ci est située à Argence sur la commune de Fourques. Le Petit-Rhône est sur le côté gauche de la photo et il coule vers le fond de l’image. La photo a été prise quelques semaines après cette crue. La brèche qui s’est formée dans la digue de rive droite a entrainé l’inondation de la petite Camargue entre Fourques et Saint-Gilles. La violence de l’écoulement au moment de la crue a érodé le terrain du côté plaine, c’est le petit ’lac’ que l’on voit ici à droite de la digue.

Contexte

Je remercie toute personne qui pourra me donner plus de référence sur l’ouvrage et la date de publication de ce poème !

Hydrologie

Ce texte nous fait penser essentiellement à l’alerte et à l’annonce :
Qui crie au feu ? En France ce sont les Services de prévision des crues (SPC) appuyés par Service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations (SCHAPI). Ces services éditent la carte Vigicrues d’alerte sur les risques d’inondation.

Ce texte permet aussi de commenter les actions de prévention et d’aménagement des crues :
À la différence de l’alerte et de l’annonce, la prévention et la préparation sont des actions qui permettent de diminuer les dégâts causés par l’inondation.
Ces actions peuvent être des aménagements, du bassin versant pour diminuer l’importance de la crue, ou du lit de la rivière pour contenir les débordements.
Ces aménagements sont définis à partir d’un objectif de protection, c’est à dire de l’acceptation d’un niveau de non protection : le coût d’un aménagement est d’autant plus important qu’il protège d’une crue plus importante. (on parle de coût pécuniaire, mais aussi de coût environnemental ou paysager...).
On peut aussi décider d’un aménagement du risque d’inondation qui ne modifie pas le niveau de l’aléa : On ne change pas la hauteur de crue, ni sa fréquence, ni l’étendue de la zone inondée, mais on fait en sorte que la crue fasse le moins de dégâts possibles. Cela peut être simplement par une action règlementaire (interdiction de construire en zone inondable), une adaptation de l’occupation (bâtiments sur pilotis), ou encore une meilleure résilience (information sur le risque et préparation, amélioration de l’alerte, pas de richesses exposées à l’aléa).

Ces dernières actions sont bien plus respectueuses de la rivière et des milieux associés. Bien entendu, elles sont moins coûteuses et à l’inverse des aménagement structurels elles n’ont pas d’impact négatif pour la rivière en aval de la zone protégée.

On retiendra donc de la leçon :

  • Comme l’os pour le chien, les zones humides sont un trésor pour les milieux naturels.
  • L’aménagement du risque inondation coûte cher, et quelque soit le prix, ils sera toujours inefficace pour des crues pour lesquelles il n’a pas été conçu.
  • L’action la plus efficace est le changement de nos comportements.

Liens

Vigicrues : https://www.vigicrues.gouv.fr/
Information sur le risque d’inondation : voir par exemple les documents information communaux sur les risque majeurs (DICRIM).
Voir aussi Gustave Flaubert - Dictionnaire des idées reçues.