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OSUG - Terre Univers Environnement

Apport du satellite SMOS au suivi de rendement agricole en Afrique de l’Ouest et à la correction des produits satellitaires de précipitations

Soutenance de thèse de François Gibon, 18 mai 2018

27 avril 2018, par Brice Boudevillain

Jury

- Agnès BÉGUÉ, Directrice de Recherche, CIRAD, Rapporteur
- Thierry LEBEL, Directeur de Recherche, IRD, Examinateur
- Olivier MERLIN, Chargé de Recherche, CNRS, Rapporteur
- Catherine OTTLÉ, Directrice de Recherche, CNRS, Examinatrice
- Thierry PELLARIN, Chargé de Recherche, CNRS, Directeur de thèse
- Benjamin SULTAN, Directeur de Recherche, IRD, Examinateur

Résumé

L’humidité du sol à été déclarée Essential Climate Variable (ECV) en 2010 par l’European Space Agency (ESA) en support du travail du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC). Dans des zones vulnérables comme l’Afrique de l’Ouest (agriculture faiblement irriguée et de subsistance, températures extrêmes et forte variabilité des précipitations), la valeur ajoutée d’informations concernant l’humidité du sol est importante, surtout dans un contexte de changement climatique. La première partie de ces travaux de thèse concerne la représentation de l’humidité en profondeur à grande échelle en utilisant le triptyque mesures in-situ/télédétection/modélisation. Ces 3 méthodes présentent chacune des limites : (i) la faible densité des réseaux in-situ (3 sites de mesures sur toute l’Afrique de l’Ouest), (ii) les estimations de SMOS uniquement en surface (0-5cm) et (iii) les incertitudes des forçages de précipitation temps-réel utilisés dans les modèles de surface. Afin de réduire ces limitations, une méthode d’assimilation (filtre particulaire) des données SMOS à été implémentée dans un modèle de surface empirique (API) et comparées aux mesures in-situ AMMA-CATCH. Les résultats montrent une amélioration des humidités modélisée après assimilation. La seconde partie concerne l’impact des variations d’humidité du sol sur les rendements de mil. Une relation statistique a tout d’abord été déterminée à partir de données de rendements mesurés sur 10 villages autour de Niamey. Les résultats montrent que les anomalies d’humidité du sol sur 20 jours début Juillet et fin Août - mi Septembre (période reproductive et période de remplissage du grain), à une profondeur d’environ 30 cm, expliquent les variations de rendement mesuré à R² =0.77. Cette relation à ensuite été appliquée à l’échelle du Niger à partir de données de rendement issues de la FAO et de cartes d’humidité en profondeur développées dans la première partie de la thèse. Les résultats montrent une corrélation à R² =0.62 sur les années 1998-2014. La dernière partie de ces travaux concerne l’exploitation des résidus du schéma d’assimilation afin de réduire les incertitudes sur les précipitations. Les produits de précipitations satellites CMORPH, TRMM et PERSIANN, dans leur version temps réel ont été comparées à des pluviomètres avant et après assimilation. Le résultat de cette étude montre une nette amélioration des intensités estimées. La méthode a ensuite été appliquée à un produit de précipitation utilisé au centre régional AGRHYMET pour le suivi agricole, le produit TAMSAT.

Ces travaux de thèse ont permis d’approfondir les recherches concernant le potentiel des données d’humidité par satellite pour des applications agronomiques. Les perspectives de ces travaux portent principalement sur : (i) l’utilisation d’autres capteurs (SMAP, ASCAT, AMSR) pour augmenter la fréquence des observations d’humidité dans l’assimilation, (ii) sur des méthodes de désagrégation des coefficients pour la correction des précipitations à plus haute résolution spatiale et (iii) sur l’utilisation de données multispectrales (indices de végétation, température du sol, …) pour un meilleur suivi des rendements.

Mots clés

Humidité du sol, précipitation, SMOS, assimilation, agronomie, Afrique de
l’Ouest, FAO