English

Accueil > Recherche > Equipes > Chimie atmosphérique (CHIANTI) > Thématiques scientifiques > Qualité de l’air, impacts sanitaires et Bioaérosols









Rechercher



OSUG - Terre Univers Environnement

Qualité de l’air, impacts sanitaires et Bioaérosols

par Stéphan Houdier - 5 janvier 2017 ( maj : 26 janvier 2017 )

La qualité de l’air dans les zones habitées devient une préoccupation sociétale majeure au niveau mondial, compte tenu des impacts sanitaires importants induits par les polluants atmosphériques. C’est en particulier le cas pour les polluants particulaires (PM pour « Particulate Matter »), qui sont responsables d’une grande partie de ces impacts. De nombreux domaines de recherche sont encore ouverts sur les différents aspects liés à cette problématique, et notre groupe s’y investi pleinement.

Un de ces domaines est de mieux comprendre la composition chimique des PM et son évolution, en particulier la fraction carbonée (matière organique et carbone suie). La matière organique est constituée de plusieurs milliers d’espèces moléculaires, et un bilan de masse établi avec les meilleures méthodes analytiques actuelles ne permet pas de reconstruire plus de 20-30 % de cette fraction. Nos recherches sur ce point sont d’une part d’étendre nos capacités analytiques pour déterminer d’autres familles de composantes organiques des PM (Humic-Like-Substances ; cellulose ; Primary Biogenic Aerosol ; bioaérosols ; etc.), et d’autre part de déterminer des traceurs moléculaires qui permettent de mieux quantifier certaines de ces fractions.

Un autre domaine de recherche est celui concernant le développement des méthodes de quantification des contributions des différentes sources d’émissions aux PM en site récepteur. Il est en effet important de quantifier les contributions des différentes sources d’émission à la formation des PM dans un site de mesure, ainsi que leurs évolutions temporelles, si l’on veut pouvoir établir des Plan de Protection de l’Atmosphère qui soient efficaces pour lutter contre les épisodes de dépassement des normes de qualité de l’air. Nous menons des recherches dans ce domaine, à la fois en développant les méthodologies existantes et en les testant sur le terrain, souvent en partenariat avec le LCSQA et des AASQA.

Finalement, un dernier domaine sur lequel nous travaillons est celui de l’impact sanitaire des PM. La pollution particulaire a des effets délétères sur la santé qui en font aujourd’hui une des premières causes de décès liés à l’environnement (7 millions de morts prématurés dans le monde par an, données OMS). L’impact sanitaire des aérosols est fonction de leur taille, de leur concentration dans l’air et de leur composition chimique. La réglementation actuellement en vigueur concernant l’exposition aux PM est basée sur une mesure de leur masse. Cette mesure, bien que validée par des études épidémiologiques, est fortement gouvernée par les composés à fortes concentrations, mais qui ne présentent généralement qu’une très faible toxicité. Les stratégies de réduction des polluants particulaires pourraient être améliorées si l’on parvenait à proposer des indicateurs directement reliés aux composés les plus toxiques et à identifier leurs sources. Un des mécanismes clé à l’origine des effets toxiques des PM est qu’elles véhiculent des espèces oxydantes capables de perturber l’équilibre rédox cellulaire et de générer un stress oxydant dans l’organisme. Aussi, nous travaillons sur plusieurs méthodes complémentaires pour mesurer la capacité des PM à catalyser la génération des ROS in vivo, définie comme le « potentiel oxydant » des aérosols.