Les déplacés climatiques : une lame de fond ?

La banque mondiale vient de publier un rapport remarqué sur les migrations climatiques auquel ont contribué des chercheurs de l’IRD donc certains appartiennent à l’équipe PHYREV de l’IGE. Le sujet des migrations climatiques est de plus en plus discuté dans les fora internationaux comme une des conséquences majeures et déjà visibles du réchauffement de la planète. Ce rapport de la banque mondiale, intitulé « Groundswell, preparing for internal climate migration », s’est, quant à lui, plus particulièrement focalisé sur les migrations internes à trois grandes régions intertropicales (Afrique sub-saharienne, Asie du Sud, Amérique Latine) en cas de poursuite du réchauffement climatique sur sa trajectoire actuelle. Le chiffre total des personnes déplacées pourrait atteindre 143 millions d’ici 2050, dont 86 millions pour la seule Afrique sub-saharienne. Les chercheurs en sciences sociales ayant contribué au rapport estiment de surcroît qu’un migrant interne sur trois finira par sortir de sa région d’origine pour rejoindre des régions plus riches et perçues comme plus à l’abri des effets du dérèglement climatique. Un financement vient d’être obtenu par les chercheurs en hydro-climatologie de l’IGE, pour collaborer avec des chercheurs en économie de l’environnement de l’Université de Genève et de la fondation Flowminder afin d’étudier à une échelle sous-nationale comment les sécheresses combinées à l’intensification pluviométrique et à la dégradation des terres sont des facteurs de migration via leurs effets sur la ressource en eau, la production agricole les tensions sociales et les conflits.
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Le rapport de la banque mondiale a fait l’objet d’un article dans le journal Le Monde qui reprend l’essentiel de ses conclusions à lire ici.